L'édito du Président : Aimer à perdre la raison

Au-delà d’être le mois de la Chandeleur et celui durant lequel les idiots de tout poil disent le moins de bêtises puisqu’il ne compte que 28 jours, février est le mois de la St Valentin. Rendez-vous incontournable pour certains qui ne s’écarteraient pour rien au monde de la sainte Trinité du jour (rose, chocolat, restaurant), occasion en or de prouver sa glorieuse résistance au marketing consumériste pour les autres, le 14 février est, qu’on le veuille ou non, le jour des amoureux. 

Ô Amour ! Quelles folies n’a-t-on pas fait en ton nom !? Souvenez-vous de vos courses folles sous la pluie pour rattraper l’amour de votre vie et de ce baiser aussi détrempé que passionné ! Ha non… ça c’est Hugh Grant et Andy MacDowell dans 4 mariages et 1 enterrement. Mais bon. Vous avez compris l’idée, l’amour a ses raisons que la raison ignore. 
 
Partant de ce constat, il n’y a qu’un pas avant de se perdre dans un sophisme à l’eau de rose et de se demander si nos élus ne sont pas tous de grands amoureux au cœur tendre. Je ne vois que cette solution pour justifier leur entêtement sur un grand nombre de sujets, ils effeuillent la marguerite, le regard brillant de cette rosée matinale chère aux poètes amateurs adeptes de mièvreries. 
 
Lorsqu’une société à capitaux publics chargée de distribuer le courrier (suivez mon regard) achète une start-up (suivez toujours mon regard) qui organise la concurrence déloyale et exerce illégalement notre profession sans qu’aucun élu ne trouve à y redire, qu’est-ce que c’est ? 
 
Lorsqu’on fait, à tout crin, l’éloge de la technologie des plateformes sans se rendre compte que la disruption est avant tout sociale et que des milliers de misérables cachés sous des couleurs chatoyantes sont exploités à grands coups de fouet électronique, qu’est-ce que c’est ? 
 
Lorsque, au nom de la qualité de l’air, les édiles de grandes villes veulent interdire à nos véhicules l’accès à leur centre-ville alors que les constructeurs sont incapables de nous fournir les véhicules « propres » demandés qu’est-ce que c’est ? 
 
Lorsque de nouvelles places de stationnement sont inaugurées en grande pompe, mais qu’au nom de la « doctrine municipale » (dixit) elles sont 50cm trop étroites (et donc dangereuses pour les salariés, mais aussi les véhicules passant à cotés) pour ne pas empiéter sur une voie vélo qui fait 3 mètres de large, qu’est-ce que c’est ? 
 
Lorsqu’on considère les transporteurs, au mieux comme la 5èmeroue du carrosse, au pire comme les responsables des bouchons, des nuisances sonores et de la pollution, alors que cette profession livre 99% des marchandises consommées, qu’est-ce que c’est ? 
 
La liste d’exemples ubuesques pourrait être plus longue encore, mais la réponse serait la même. C’est l’amour bien évidemment ! Ce bel amour, ce grand amour qui, comme vous le savez, rend aveugle et pare de toutes les vertus l’être aimé. Alors au nom des douces œuvres de Cupidon je veux bien pardonner à nos élus car selon toute évidence ils ne savent pas ce qu’ils font. Mais au nom de ma profession et de nos salariés je n’ai qu’une hâte ! Qu’ils convolent bientôt en justes noces. Car selon le dicton populaire « l’amour rend aveugle, mais le mariage rend la vue ».  


Hervé Street, Président du Sntl 

Le Sntl

Syndicat professionnel, regroupe à l’échelon national les entreprises de transports légers de moins de 3,5t de PTC dans leur diversité : services rapides, courses, tournées,...En savoir plus


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